• CLIMAT : Pourquoi faut-il manger autrement ?

    03 décembre 2015

    Très exposé aux aléas et aux catastrophes du climat, le système alimentaire contribue aussi largement à son dérèglement.

    COP 21 : Des enjeux de taille pour la sécurité alimentaire mondiale

    Le GIEC craint une baisse des rendements des principales cultures nourricières mondiales (blé, maïs, riz) de 2 % tous les 10 ans en cas d’échec des négociations et des engagements. Les zones plus touchées par les pertes de récolte seront aussi les plus peuplées et les plus pauvres : Afrique, Amérique latine et Asie. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), 1.5 milliards de personnes au minimum souffriront de la faim d’ici la fin du siècle (900 000 personnes actuellement) si les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont maintenues à leur niveau actuel.

    Déjà un tiers des terres arables sont dégradées et les pressions sur les ressources atteignent des niveaux insoutenables. En Afrique, deux tiers des terres cultivées aujourd'hui pourraient devenir impropres demain. Les zones tempérées sont moins touchées, mais l’aggravation des bouleversements climatiques va empirer les phénomènes de sécheresse, de désertification, de remontées d’eau salée dans les deltas, la hausse des précipitations, les cyclones, les inondations…

    Les bouleversements climatiques et écologiques ont une incidence très forte sur les prix des denrées donc sur l’accès à la nourriture.

    Au-delà des accords d’engagements de la COP21, c’est donc la façon de produire et de se nourrir qu’il faut changer.

    Un modèle agricole qui participe au réchauffement

    De la production à la consommation, l’alimentation représente entre un quart et un tiers des émissions de GES liées à l’activité humaine.

    Les émissions agricoles ont presque doublé en 50 ans ! Et selon la FAO, si rien n'est fait, elles peuvent encore augmenter d’au moins 30 % d’ici 2050.

    C’est surtout la production de viande qui est la première sur le banc des accusés pour son émission de méthane, d’autant plus que sa surconsommation s’étend aujourd’hui dans les pays du Sud. L’élevage à lui seul représente 14.5 % des émissions mondiales de GES (émissions directes et indirectes : digestion des animaux, lisiers et cultures destinées à l’alimentation du bétail). En plus, il faut considérer toutes les émissions polluantes dues à la transformation des produits, à leur transport, au suremballage….

    La production agro-industrielle étant mondialisée, nos assiettes ici sont liées à des impacts à l'autre bout du monde. Un exemple parmi tant d’autres : porcs et volailles bretonnes sont en partie nourris au soja brésilien. Cela participe à la destruction de la forêt amazonienne, la culture du soja étant elle-même responsable de 18 % des GES en Argentine et au Brésil…

    L’épuisement des ressources (eau, énergie, sols, forêts) qu’implique le système agricole productiviste est intenable. S’y ajoute le gaspillage à outrance : 1/3 des besoins alimentaires des pays riches finissent à la poubelle !

    Une alimentation industrielle, standardisée, à bas prix, pauvre en nutriment mais riche en pesticides et autres produits chimiques, représente également un enjeu considérable de santé publique et environnementale (obésité, MCV, cancers…).

     

     

    Relocaliser et produire autrement : vers une agriculture soutenable   

    Au niveau mondial, réduire le productivisme et la surproduction serait très profitable aux pays du Sud. Ils deviendraient moins dépendants des importations et des marchés mondiaux, en développant une agriculture locale et au maximum autosuffisante. En effet, les deux tiers des personnes souffrant de la faim dans le monde sont des paysans pauvres. Une agriculture pérenne (permaculture) leur offre au contraire des perspectives très positives.

    Au niveau local, c’est aussi la solution qui s’impose dans nos régions. Le modèle agricole productiviste condamne en effet les producteurs au surendettement pour s’agrandir, techniciser davantage, produire toujours plus et à moindre coût. La crise porcine bretonne est plus qu’éclairante sur ce point.

    Mais les résistances au changement sont très fortes dans le monde agricole conventionnel, sans parler des lobbies de l’agro-alimentaire. C’est le cas en Bretagne, terre des pionniers du productivisme, dans l’élevage en particulier avec des groupes comme la Cooperl, Doux ou Bigard.

    Là encore, la transition vers une agriculture soutenable dépendra de la capacité des politiques publiques à appuyer les alternatives, à faciliter la reconversion des exploitations, à sécuriser l’accès au foncier, à assurer la protection des marchés agricoles, ainsi qu'à former et accompagner les nouveaux paysans. Autant de verrous qui doivent être levés.

    Si on veut être en mesure de faire face à la multiplication des catastrophes climatiques à venir (inondations, sécheresses…), il est fondamental de lutter contre l’érosion des sols et l’épuisement des ressources, et de renforcer les capacités de résilience des espaces naturels. En somme, l’agriculture doit être réinventée.

    Consommer et manger autrement

    En jeu et en première ligne : nos modes de vie. En ce sens nous sommes tous acteurs du changement. La prise de conscience individuelle et collective est plus qu’urgente pour privilégier une alimentation saine, moins carnée et non « gaspillante ». Le changement est dans nos assiettes, dans nos façons d’acheter et de nous nourrir.

    En tant que consommateurs et habitants d’un territoire, à nous de privilégier les circuits courts, les produits locaux issus d’une agriculture biologique ou raisonnée, et bien entendu de saison. À nous également d'éviter le gaspillage et de valoriser la sobriété. Il s’agit d’interroger nos besoins, nos modes de consommation et d’échange : supprimer les plus nuisibles, privilégier les plus utiles.

    Le rôle des politiques publiques locales

    Les collectivités territoriales et les villes en particulier peuvent jouer un rôle très important. Elles doivent se mobiliser pour la relocalisation de la production agricole, le développement et le soutien des circuits courts, la sanctuarisation des espaces dédiés aux activités agricoles et pour la lutte contre l’artificialisation effrénée des sols.

     

    Manger local et acheter autrement à Brest ?

    Les initiatives ne manquent pas !

    Et le choix est vaste : une quinzaine de marchés hebdomadaires, 3 AMAPs (Liberaterre, Siam Amap’Orte, AMAP Guérin), Court-Circuit avec des paniers bio locaux distribués dans différents quartiers de la ville, les paniers de la ferme du Fessiou à la gare, la livraison à domicile avec L’Alternative, et même un drive de producteurs locaux avec les Fermiers du Net ! Et la liste est loin d'être exhaustive !

    D’autant que limiter les intermédiaires, acheter directement aux producteurs, c’est encourager l’économie locale mais c’est aussi rentable pour son porte-monnaie !

    Plus d'infos sur :              http://circuits-courts-finistere.weebly.com/pays-de-brest.html

                                          http://courtcircuitpaysdebrest.fr/

                                          http://www.lalternative-brest.com/

                                          http://www.les-fermiers-du-net.com/

     


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