Et quels sont les objectifs à moyen terme ? Sur quoi et comment peut-on faire mieux ?
L’axe de travail prioritaire c’est la prévention, la sensibilisation. Ce travail est structuré depuis 2009 en amont de la collecte. Nous devons continuer d’interroger nos pratiques individuelles et collectives, la façon dont on trie, dont on achète, dont on jette et dont on gaspille …
Plus de la moitié du contenu de nos poubelles reste à trier : 20 % pourraient aller en poubelle jaune et environ 25 % sont compostables et donc évitables !
La promotion du compostage reste une priorité, une belle dynamique s’est enclenchée sur Brest. L’objectif est de pouvoir le rendre accessible à tous.
Sinon, le point noir reste le verre. Il dépend exclusivement de l’apport individuel. L’objectif est d’augmenter sa collecte d’1 kg par an et par habitant. Mais, on y arrive !
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A Brest Métropole, dans nos poubelles d'ordures ménagères, 53 % des déchets sont encore triables : - 26 % compostables - 19 % déchets jaunes - 5 % verre / 2 % textiles / 1 % déchets dangereux |
Quelle vision politique portes-tu sur ton mandat ?
Je crois que le rôle de la collectivité est d’impulser et de donner à voir les actions sur le territoire. Il faut chercher à fédérer les initiatives pour multiplier les possibles, créer les conditions de rencontre pour les acteurs, et les soutenir bien évidemment.
La mobilisation des associations, des créateurs… dans les domaines de la récup', du ré-emploi ou de tout ce qui touche aux déchets est très riche ici. Mais elle est aussi un peu éparpillée. En inscrivant les actions collectivement on les rend aussi plus visibles. Et des nouvelles rencontres naissent les nouvelles idées !
Limiter et sensibiliser à la question des déchets doit devenir un réflexe à chaque évènement, qu’il soit petit, grand, sportif ou festif. C’est également vrai pour les entreprises. Par exemple dans le BTP, les déchets des uns peuvent servir de ressources pour les autres. L’idée est d’inciter les acteurs économiques à mutualiser leurs outils et ressources. C’est un travail à mener.
La collectivité peut compter sur le savoir-faire des citoyens. Par exemple, si le compostage a pu être bien développé ces dernières années, c’est grâce à la culture associative et notamment au travail de Vert Le Jardin. Quand on fait avec les habitants, ça marche !
Le réseau des guides composteurs compte environ 110 habitants aujourd’hui, ils sont formés par le service de la collectivité et par Vert Le Jardin. Ce sont eux ensuite qui gèrent et diffusent le compostage auprès de leurs voisins. On peut aller plus loin, par exemple avec l'association Un peu d’R pour que les habitants construisent eux-mêmes les composteurs avec du matériel de récup’, plutôt que de les acheter à la collectivité, ce qui peut freiner certains.
C’est aussi ce qui est passionnant dans ce mandat, la politique des déchets va bien plus loin que la gestion des poubelles ! Cela recouvre l’intergénérationnel, la vie de quartier, les initiatives de créateurs, de plasticiens, l'implication des habitants, les évènements… sans compter que l’on ré-interroge sans cesse nos modes de vie.
Mais il faut également rester vigilant car le marché des déchets est un marché très juteux pour les grands groupes industriels de dépollution. On constate parfois de grandes incohérences sur certaines filières de retraitement, voire de véritables scandales en bout de chaînes ! Notamment quand ils revendent les déchets les plus toxiques sans les décontaminer en Afrique ou en Asie en particulier, ou qu'ils les enfouissent illégalement.