Relocaliser et produire autrement : vers une agriculture soutenable
Au niveau mondial, réduire le productivisme et la surproduction serait très profitable aux pays du Sud. Ils deviendraient moins dépendants des importations et des marchés mondiaux, en développant une agriculture locale et au maximum autosuffisante. En effet, les deux tiers des personnes souffrant de la faim dans le monde sont des paysans pauvres. Une agriculture pérenne (permaculture) leur offre au contraire des perspectives très positives.
Au niveau local, c’est aussi la solution qui s’impose dans nos régions. Le modèle agricole productiviste condamne en effet les producteurs au surendettement pour s’agrandir, techniciser davantage, produire toujours plus et à moindre coût. La crise porcine bretonne est plus qu’éclairante sur ce point.
Mais les résistances au changement sont très fortes dans le monde agricole conventionnel, sans parler des lobbies de l’agro-alimentaire. C’est le cas en Bretagne, terre des pionniers du productivisme, dans l’élevage en particulier avec des groupes comme la Cooperl, Doux ou Bigard.
Là encore, la transition vers une agriculture soutenable dépendra de la capacité des politiques publiques à appuyer les alternatives, à faciliter la reconversion des exploitations, à sécuriser l’accès au foncier, à assurer la protection des marchés agricoles, ainsi qu'à former et accompagner les nouveaux paysans. Autant de verrous qui doivent être levés.
Si on veut être en mesure de faire face à la multiplication des catastrophes climatiques à venir (inondations, sécheresses…), il est fondamental de lutter contre l’érosion des sols et l’épuisement des ressources, et de renforcer les capacités de résilience des espaces naturels. En somme, l’agriculture doit être réinventée.
Consommer et manger autrement
En jeu et en première ligne : nos modes de vie. En ce sens nous sommes tous acteurs du changement. La prise de conscience individuelle et collective est plus qu’urgente pour privilégier une alimentation saine, moins carnée et non « gaspillante ». Le changement est dans nos assiettes, dans nos façons d’acheter et de nous nourrir.
En tant que consommateurs et habitants d’un territoire, à nous de privilégier les circuits courts, les produits locaux issus d’une agriculture biologique ou raisonnée, et bien entendu de saison. À nous également d'éviter le gaspillage et de valoriser la sobriété. Il s’agit d’interroger nos besoins, nos modes de consommation et d’échange : supprimer les plus nuisibles, privilégier les plus utiles.
Le rôle des politiques publiques locales
Les collectivités territoriales et les villes en particulier peuvent jouer un rôle très important. Elles doivent se mobiliser pour la relocalisation de la production agricole, le développement et le soutien des circuits courts, la sanctuarisation des espaces dédiés aux activités agricoles et pour la lutte contre l’artificialisation effrénée des sols.
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Manger local et acheter autrement à Brest ? Les initiatives ne manquent pas ! Et le choix est vaste : une quinzaine de marchés hebdomadaires, 3 AMAPs (Liberaterre, Siam Amap’Orte, AMAP Guérin), Court-Circuit avec des paniers bio locaux distribués dans différents quartiers de la ville, les paniers de la ferme du Fessiou à la gare, la livraison à domicile avec L’Alternative, et même un drive de producteurs locaux avec les Fermiers du Net ! Et la liste est loin d'être exhaustive ! D’autant que limiter les intermédiaires, acheter directement aux producteurs, c’est encourager l’économie locale mais c’est aussi rentable pour son porte-monnaie ! Plus d'infos sur : http://circuits-courts-finistere.weebly.com/pays-de-brest.html http://courtcircuitpaysdebrest.fr/ http://www.lalternative-brest.com/ http://www.les-fermiers-du-net.com/ |